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by Le Paleoblog - Sunday, 3 March 2019, 10:02 AM
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À l’ombre de la cathédrale de Rouen, l’Hôtel-Dieu de La Madeleine est desservi par une double communauté d’hommes et de femmes, placés sous la direction d’un prieur. Dès le XIIe siècle, il prend le nom de prieuré de La Madeleine et s’étend progressivement jusqu’à l’incendie de 1624 qui permet de mieux comprendre son fonctionnement grâce à l’état des lieux qui en découle.
 Le vendredi 13 septembre, un incendie se déclenche avec « grande force et abondance » et ravage l’établissement en raison de l’inattention d’un épicier. L’incendie reste actif six jours consécutifs et « donna beaucoup d’espouvente aux pauvres qui estoitz dans la feurrerie qui comblez de fumée furent (soit couchés, bossus et agonisantz) contraintz de fuir dans l’aistre de Nostre Dame ».

Carte

L'Hôtel-Dieu de La Madeleine de Rouen

Le terme de “feurrerie” est, ici, une variante orthographique de “forrerie”, c’est-à-dire le lieu où l’on stocke le foin. Espace de refuge, l’aitre correspond au parvis ou à un porche couvert de la cathédrale de l’autre côté de la rue. Échappant de peu aux flammes grâce à l’intervention solidaire de religieux Capucins qui s’exposent au feu, la « grande salle des pauvres » mesure 50 mètres de longueur pour 15 mètres de large et peut comporter 80 lits. Accolée à celle-ci s’ajoute une infirmerie de 30 lits, ainsi que trois salles plus petites pour des soins spécifiques. En 1655, on ajoute à l’Hôtel-Dieu reconstruit la salle Saint-Louis à l’est de la rue du Bac et la salle Saint-Charles au sud de la rue de La Madeleine, signe de besoins croissants. Situé au cœur de la ville, son emplacement est constamment remis en cause par les autorités, à tel point qu’en 1569, l’Hôtel-Dieu se dote d’un terrain servant de « lieu de santé » aux marges de la ville et permettant d’isoler les contagieux ou encore de désinfecter les objets et vêtements contaminés.
En 1654, le Parlement intervient finalement et ordonne la construction d’un nouvel hôpital en dehors des murs et, en mars, les premières pierres sont posées. Celui-ci se compose de deux bâtiments. Le premier est l’hôpital Saint-Louis, destiné aux malades, alors que le second – Saint-Roch – est réservé aux convalescents. De manière générale, l’assistance publique a fait l’objet d’études historiques. Toutefois, si le Moyen Âge et l’époque révolutionnaire ont été explorés de manière plus approfondies peu d’études se concentrent de manière privilégiée sur le Grand Siècle qui dénombre pourtant nombre d’évolutions notables.

Baptiste Etienne

Sources :
BM Rouen, Ms. M 41, Journal, par Philippe Josse, f° 53

Bibliographie :
- Sébastien LE BRAS, L’Hôpital général et l’assistance à Rouen aux XVIIe-XVIIIe siècles, Mémoire de Maîtrise d’histoire, Université de Rouen, 1993
- Yannick MAREC (dir.), Les hôpitaux de Rouen : du Moyen Âge à nos jours – Dix siècles de protection sociale, Paris : Éditions PTC, 2005 
 - Éric PLANTROU, La peste à Rouen, 1348-1669, Thèse de doctorat en Médecine, 1980
- Jean-Claude VIMONT, « L’hôtel-Dieu de Rouen au cœur d’un espace néo-classique », Mémoire de la protection sociale en Normandie, n° 1, 2002

[ Modified: Sunday, 3 March 2019, 10:06 AM ]