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by Le Paleoblog - Tuesday, 29 May 2018, 11:57 AM
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En paléographie, on fait le distinguo entre les écritures posées, ou calligraphiées par un maître écrivain disposant de tout son temps, et les écritures cursives, tracées rapidement par un clerc pris par l’urgence de son activité professionnelle (notaire, juriste, etc.). La très grande majorité des documents manuscrits conservés aux Archives ou en bibliothèque appartiennent à la seconde catégorie, celle des écritures cursives.
Pour déchiffrer un texte manuscrit de l’époque moderne (XVe-XVIIIe s.), le paléographe doit oublier ses automatismes actuels et « réapprendre à lire » : il lui faut assimiler non seulement la forme des lettres anciennes, mais aussi la façon dont elles étaient reliées entre elles (ligatures) et le système par lequel les clercs d’autrefois abrégeaient les mots. L’acquisition de ces trois éléments indissociables – lettres, ligatures et abréviations – permet une lecture aisée et globale des mots qui composent un texte manuscrit ancien, tout comme on ne décompose pas lettre à lettre les mots d’un texte d’aujourd’hui. 
La paléographie est ainsi un instrument indispensable pour qui veut pénétrer dans l’univers des recherches historiques ou généalogiques, et accéder aux sources dont ces recherches se nourrissent.

À titre d’exemple, voici un extrait tiré d’un inventaire après décès parisien de 1599, parfaitement représentatif des écritures cursives de cette époque.

« Item ung bail faict par ledict deffunct Robert Le Maistre
à Crestien Le Maistre, laboureur demourant à la Fontayne Bellanger,
de troys accres troys verges de terre labourable
en plusieurs pieces, assis au terrouer dudict lieu de la Fontayne,
dicte parroisse, et ledict bail faict tant aux charges
y declarées que moyennant la quantitté de dix huict boisseaulx
de froment de la grande mesure de Louviers, à ung
sol près du meilleur, payables au terme et ainsy
qu'il est declaré audict bail signé Chappelain et Thevenain
datté du XVe mars mil Vc IIIIxx XVII, inventorié au dos
................................................................XXI. »

 

Jean-François Viel

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